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Lannemezan : un réseau de cocaïne à 2 millions d’euros devant la justice

vendredi 1er mai 2026, par Rédaction

À Lannemezan, l’affaire a de quoi stupéfier. Ce qui ressemblait à un trafic de stupéfiants classique s’est révélé être une véritable entreprise de distribution organisée avec une efficacité redoutable. Le 30 avril dernier, le tribunal de Tarbes a vu défiler six jeunes prévenus, âgés de 18 à 23 ans, accusés d’avoir orchestré un réseau de vente de cocaïne ayant généré près de deux millions d’euros en seulement neuf mois.

Une organisation millimétrée
Loin des clichés, ce n’était pas un réseau artisanal. Le procureur a décrit devant le tribunal un système « structuré et particulièrement organisé ». Du plateau de Lannemezan jusqu’aux pistes de la station de Saint-Lary, le réseau tournait à plein régime :

Amplitude horaire : Des livraisons effectuées de la fin de matinée jusqu’au cœur de la nuit}.

Modèle « Drive » : Les réseaux sociaux servaient de vitrine, permettant aux clients de commander et de récupérer leur marchandise dans des points de retrait en centre-ville, avec une célérité déconcertante.

Technologie et discrétion  : L’utilisation massive de téléphones prépayés, le changement régulier de lignes et une coordination tactique entre les membres ont longtemps permis de brouiller les pistes.

Une affaire née de la grogne citoyenne
C’est en 2025, face à la multiplication des signalements d’habitants excédés par les troubles à l’ordre public, que les gendarmes ont lancé une enquête de longue haleine. Grâce à une surveillance minutieuse et à l’analyse de milliers de communications, les forces de l’ordre ont fini par démanteler ce réseau qui écoulait, outre la cocaïne, du cannabis et des cigarettes de contrebande.

Des visages juvéniles, des peines lourdes
Au cœur du dossier, Romain B., 22 ans, a endossé le rôle du « patron ». Il a avoué avoir acheté et revendu près de dix kilos de cocaïne. Sa motivation ? Rembourser des dettes initiales, avant de basculer dans l’engrenage : « Comme cela rapportait beaucoup, j’ai continué », a-t-il sobrement expliqué à la barre.

Autour de lui, ses complices présumés occupaient des fonctions précises : « nourrice », « comptable » ou livreurs, certains effectuant jusqu’à quinze trajets par jour pour des revenus dérisoires. L’ambiance au sein du réseau, marquée par des tensions internes et des tentatives de « couper » la drogue pour maximiser les profits, témoigne de la violence sous-jacente de ce marché illicite.

Le verdict attendu pour le 26 mai
Le ministère public n’a pas fait preuve de clémence face à ce qu’il considère comme un fléau pour la santé publique. Des réquisitions allant jusqu’à dix ans de prison et 600 000 euros d’amende ont été prononcées à l’encontre de l’instigateur principal.

Si la défense plaide la disproportion des peines et souligne que la répression des seuls vendeurs ne suffira pas à assécher la demande, l’affaire de Lannemezan marque les esprits par la jeunesse de ses acteurs et la professionnalisation précoce de leurs méthodes.

Le jugement sera rendu le 26 mai prochain. Une date charnière pour cette affaire qui a secoué la tranquillité de tout un secteur.